Monday, February 09, 2009

DEMOCRATIE EN IRAK



L'Irak est l'un des pays traversés par Nathan Love dans le troisième volet de ses aventures, en cours d'écriture. J'en profite donc pour vous rapporter une information qui n'est pas venue jusqu'en France.

Des élections provinciales ont eu lieu en Irak il y a une semaine. Elles sont passées sous silence en France. Dans leur incommensurable crétinerie, dans leur volonté d’abêtissement des masses, dans leur propension à jouer les portes parole d’Al-Qaïda et autres avatars du terrorisme, dans leur stratégie du racolage et leur recherche du sensationnel, bref dans leur conformisme, les médias n’ont pas évoqué l’événement. Priorité aux bombes et aux cris de haine, aux cadavres et aux pleurs, à Guantanamo ou à une paire de chaussures, plus vendeurs. La géopolitique selon les médias ne vole pas plus haut que les pompes d’ al-Zaïdi.

Ce que n’ont pas dit les médias, c’est que la campagne électorale en Irak a vu les imams sunnites et chiites encourager leurs fidèles à aller voter. Le peuple irakien a montré de manière écrasante sa détermination à conduire des élections libres et justes sans se laisser décourager par les tactiques et les intimidations, selon les propres termes de l’émissaire de l’ONU. Quinze millions d’électeurs ont été appelés aux urnes, 14 431 candidats se sont présentés aux 440 sièges dans les conseils provinciaux. Le taux de participation fut de 51 % et les élections se sont déroulées dans le calme. La liste «Coalition pour l'Etat de droit» patronnée par le premier ministre laïque Nouri al-Maliki l’a emporté largement avec 38% des voix et bénéficie désormais d’une légitimité populaire. Le conseil supérieur islamique d’Abdel Aziz Hakim est le grand perdant de ces élections. Et les partisans du chef radical chiite Moqtada Sadr ont perdu l’unique province qu’ils géraient.

Maintenant vous êtes informés sur un scrutin qui s’inscrit dans la mise en place d’institutions locales plus représentatives. Une étape clef dans la reconstruction institutionnelle et démocratique de l’Irak encore fragile qui aurait eu besoin d’être éclairée par nos observateurs. Ces mêmes observateurs qui nous ont gavés jusqu’à la nausée avec les élections au sein du parti socialiste français, certes déterminantes pour l’équilibre du monde.

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