Tuesday, March 04, 2008

STARS, OSCARS ET COTILLARD...



Les actrices françaises joufflues et exophtalmiques qui roulent des yeux et confondent minauderies avec comédie, s’exportent bien. Leur art de l’interprétation frise la pantomime, leur jeu de cinéma relève plus de Pinder que de Stanislavski, à grands renforts de roulement de tambour. Je ne suis pas fan. Il faut dire que je n’ai jamais aimé le cirque, sauf quand le clown était James Stewart sous le plus grand chapiteau du monde. Succédant donc à Adjani et à Marceau, Audrey Tautou et Marion Cotillard sont nos nouvelles étoiles bankables. Cette dernière a raflé toutes les statuettes en stock, à croire que les autres actrices étaient en grève pour soutenir les scénaristes américains. Le problème avec nos stars hexagonales, outre leurs simagrées, c’est leur vice caché : elles sont cons. Si ce n’était que ça, ce ne serait pas grave. Mais leur bêtise se double d’une fâcheuse tendance à ouvrir leur gueule sans qu’un dialoguiste ne les ait briefées, sans qu’un metteur scène ne les dirige. Et là, c’est le drame. Le timbre de voix se révèle infantile, l’accent vulgaire, la syntaxe approximative, la sémantique atterrante. A peine le César, le Golden Globe et l’Oscar posés sur sa cheminée, on découvre que Cotillard a une opinion sur le 11 septembre ainsi que sur la conquête spatiale. Selon elle, les attentats du World Trade Center furent en réalité une décision des promoteurs de rénover à moindre coût les deux tours. Quant aux astronautes américains, ils n’ont jamais posé le pied sur la lune. J’imagine Cate Blanchett (concurrente de Cotillard aux Oscars) venir recevoir une distinction en France et nous déclarer que l’attentat de la rue des Rosiers n’était qu’un moyen de rénover le restaurant Goldenberg pour pas cher ou bien que la France n’a jamais tiré de fusée de sa base en Guyane.
Ce non événement, à savoir la révélation des opinions d’une actrice française sur des questions de géopolitique ou d’astrophysique, devrait au moins servir à faire réfléchir les journalistes qui se bornent à tendre leurs micros aux marionnettes plutôt qu’aux ventriloques qui les animent. Quand ils se décideront à interroger aussi les dialoguistes, les scénaristes et les metteurs en scène, au même tire d’ailleurs que l’on interroge les écrivains plutôt que leurs personnages, on entendra sûrement moins de conneries. Il ne faut pas croire ce qu’on nous dit, dit Marion Cotillard. Alors émettons des doutes sur le bien fondé de ses déclarations, osons émettre également des réserves sur la valeur des prix en tout genre, et faisons un tout petit effort pour aller chercher l’actrice, la vraie, celle qui embrase les salles obscures d’un seul regard, sans en faire des tonnes. Ma préférence ira donc plus volontiers à Ashley Judd, hallucinante dans « Bug » de William Friedkin qui sort actuellement en vidéo. Et dans les rôles masculins, je vous conseille Benicio Del Toro dans « Nos souvenirs Brûlés », encore en salles.
L’art, y compris celui de l’interprétation, perd à être noté par des jurys d’idiots et récompensé par des instances officielles. L’art est par nature anticonformiste. Méfiez-vous de ce qui est marketé, primé et consensuel, ne vous ruez pas systématiquement sur les têtes de gondole. Un prix rend la nature d'une oeuvre suspecte.
Vive l’art, le vrai, sans tambour médiatique ni label de qualité!

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