Tuesday, March 22, 2011

FROM PARIS WITH LOVE

Le salon du livre de Paris ferme ses portes.
Retour au calme.
A Vence.
Bref débriefing.
J’ai atterri dans la capitale avant l’ouverture du salon, mercredi exactement afin de participer dès le lendemain matin aux délibérations du jury du Prix Cinécinéma Frisson. Mission : élire l’un des cinq thrillers littéraires français pré-sélectionnés en janvier par la chaîne. Critère : de l’audace, du moderne, du neuf. De « frisson» à « thriller », il n’y a pas même un pas puisque les deux mots signifient la même chose. Il ne restait plus qu’à enjamber le fossé qui sépare « littérature » et « cinéma »
La cause fut donc entendue.
Nous étions six jurés cloitrés dans les locaux de Canal Plus avec la tête pleine de lectures et un petit-déjeuner quatre étoiles pour nous donner des forces. A mes côtés dans le jury, avaient été conviés Nicolas Saada dont le pitch et le casting de son prochain film « Le soldat » (tournage cet automne) me fait saliver, Guillaume Musso sur le point de dégainer son nouveau best seller « L’appel de l’ange », Pascal Thuot directeur de la belle libraire Millepages à Vincennes et Samuel Douhaire critique de cinéma et de télévision. Le sixième larron, Xavier Gens, coincé au Texas, avait consciencieusement envoyé son vote à Anne Martinetti déléguée au prix et chef d’orchestre émérite des délibérations.
Chacun des ouvrages a été passé à la moulinette, j’oserais même dire au broyeur. Deux finalistes sont sortis du lot, ce qui pimenta la réunion d’un peu de suspense, ingrédient indispensable au genre. Nicolas Saada et moi avons bataillé courtoisement pour défendre nos sensibilités respectives, le jury a imaginé à quoi ressembleraient les adaptations cinématographiques de ces romans et quels réalisateur pourraient s’en emparer, avant de s’accorder, à la majorité, sur le nom du winner qui est… chut !… Ah oui, il faut attendre la remise du prix jeudi prochain pour révéler le nom de l’heureux lauréat.
A l’issue des délibérations, je me rendais à l’inauguration du salon du livre, Porte de Versailles. Le champagne coulait à flots sur les stands des grosses maisons d’édition, tandis que les plus modestes distribuaient du saucisson à la bonne franquette. Les pique-assiettes et les parasites s’agglutinaient autour des buffets, les auteurs étaient ballotés par la foule affamée et les lecteurs priés d’attendre l’ouverture officielle des portes vendredi pour voir leurs écrivains favoris.
Sur le stand du Diable Vauvert, l’équipe était sur le pied de guerre. Julien et Charles assuraient avec une aménité indéfectible leurs rôles d’hommes orchestres d’autant plus difficiles à jouer que Marion Mazauric, la big boss du Diable, était retenue à Vauvert, terrassée par un double opération aux genoux.
L’inauguration me permit surtout de croiser Caroline Westberg, directrice passionnée des éditions Rageot pour qui je suis en train d’écrire un thriller destiné aux adolescents. Je retrouvais également Marin Ledun, égal à lui-même, c’est-à-dire à l’image de ses romans, brillant et ténébreux, et dont je vous conseille « Zone Est », un petit bijou d’anticipation. Je rencontrais également Thomas Rabino, qui sortira dans quelques mois « De la Guerre en Amérique ». Une référence dont je reparlerai. La couverture de son ouvrage que j’ai eu l’honneur de découvrir en avant-première me rend impatient de lire le contenu. Et puis j’ai eu aussi le plaisir de retrouver ma camarade de dédicaces Catherine Fradier, de noir vêtue, des bottes jusqu’au chapeau. Elle vient de publier « La face cachée des miroirs », la suite attendue de « Cristal défense ».
Les signatures du week-end me permirent de faire la connaissance de nouveaux lecteurs et surtout de renouer avec les fidèles, ceux pour qui Nathan Love se décarcasse depuis des années. Parmi ces lecteurs de la première heure à qui je dédie ce post et pour qui j’ai créé ce blog, certains ont fait le déplacement jusqu’à la Porte de Versailles: Léna amie fidèle à ce rendez-vous annuel du livre, Elsa et Yoann aussi brillants que chers à mon cœur (Yoann est le médecin qui apparaît dans « La dernière arme »), Eddy qui a envoyé de Vendée une émissaire pour me prendre en photo, la toulousaine Anne Sophie qui a attendu si longtemps « La Dernière Frontière », Laurence C. résolument sur le front pour happer ses auteurs favoris et soutenir le salon du livre de Montmorillon, Laurence P. ma collègue des années pub qui m’offrit une véritable séquence émotion de retrouvailles, Franck ami d’enfance fou de cinéma et qui en a fait son métier, Yannick avec lequel j’ai eu plaisir à converser hors du monde virtuel, Nicolas et Hoel de Polars Pourpres site incontournable du genre, Nathalie actrice pleine de charme et de fureur venue rafler le dernier Nathan Love et irradier le stand de sa belle humeur et de son énergie. Je vous conseille à ce propos de réserver vos places pour « L’île des esclaves » dans laquelle elle joue à partir de juin au théâtre du Lucernaire. Jubilation en perspective.
Au cours de ce salon, placé sous le signe des inévitables envahisseurs nordiques, et qui mettait aussi le suspense à l’honneur, je fus également convié à deux débats. « Le thriller assassinera-t-il le polar ? » fut le thème de celui de vendredi soir, animé par Guillaume Lebeau qui parvint à s’arracher à ses manuscrits pour nous faire profiter de l’un de ses multiples talents, celui du modérateur qui connaît son sujet. Parmi les invités, Marin Ledun, jouant à la fois sur les deux tableaux du noir et du thriller, Dominique Manotti adepte du noir, et puis votre serviteur, nourri au thriller depuis le biberon. Christophe Commères et Myriam Hacène intervinrent pour nous donner leurs points de vue de diffuseurs. Raphaël Rocher donna celui du producteur. Et comme le monde est petit, surtout celui du cinéma, Raphaël s’avère être aussi le producteur pour qui suis en train d’écrire un scénario de thriller contenant un twist final qui devrait en scotcher plus d’un. Au terme du débat, nous avons convenu de façon consensuelle que le thriller pouvait cohabiter avec le roman policier, le polar et le noir… Pas de victime donc au terme de cette confrontation.
L’autre débat, celui du dimanche matin, portait sur l’addiction en littérature. Addiction pour les héros de la part des lecteurs ou de leurs auteurs. Avec mon voisin Alain Wagneur, nous avons partagés l’idée que les personnages récurrents doivent vieillir avec le temps et avons décidé de nous revoir dans quelques années pour imaginer l’installation de mon Nathan Love et de son Richard Zamenski dans une maison de retraite pour héros de fiction, aux côtés de Tintin, Hercule Poirot ou Fantomette.
Ce séjour à Paris me permit également de m’entretenir avec Anne Laure, mon agent magicienne qui cherche à transformer mes romans en films.
Je terminerai cette chronique par un grand remerciement à l’équipe de Cinécinéma, Myriam, Christophe, Karletty et les autres pour leur talent, leur bonne humeur, leur dynamisme, leur gentillesse et leur amour du cinéma qui m’ont accompagnés tout au long de ce salon. Ils ont prouvé d’une part qu’il n’y a pas que des tocards à la télé, d’autre part que le cinéma et la littérature peuvent faire bon ménage. Je vous conseille d’ailleurs de vite vous abonner à Cinecinéma Frissons afin de ne pas rater le mois « 100% Thriller », ni la diffusion de l’intégrale de Tarantino doublée d’un concours qui promet de belles surprises. Foncez aussi à la Cité des Sciences et de l’Industrie voir l’exposition « Science et Fiction » avec laquelle la chaîne est partenaire. Vous y verrez les vrais costumes et les vrais maquettes des films qui vous ont fait rêver depuis l’enfance. Un vrai bonheur cinéphile. Je conclurai enfin en paraphrasant QT : « Vive le littérature et la cinéma! »
Somme toute, je n’ai pas eu la possibilité d’aller voter aux cantonales mais j’ai rencontré des gens qui pèsent beaucoup plus dans ma vie qu’un conseiller général.

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